C'est avec beaucoup de bonheur et d'émotion que je partage avec vous les mots d'un ami cher, un poète disparu qui savait entrelacer les mots et les images avec  intelligence et délicatesse... Son chien Flip l'accompagnait dans ses promenades, et inspirait aussi sa plume...

Hier j’ai surpris les buis en train de roussir du bout des feuilles

Et même un petit érable déguisé en arbre d’automne…

Alors, j’ai pensé que le long hiver rampait quelque part

Et qu’il serait précédé de laideur comme le rideau gris

Mais qu’un matin, soudainement

Pixabay foret hiver-2683845_1920Un manteau blanc habillerait la forêt

 

J’ai pensé aussi, que pour revêtir sa parure de noce

La forêt, pudique, se vêtirait de brouillard

Et que ce manteau peut-être me serrerait le cœur…

 

Flip est de nouveau là, le souffle un peu court…

Il faut rentrer, voilà une heure que nous rêvons

Lui aux papillons et à la rosée

Et moi aux successions étranges des ombres et des lumières

Des étincelles de bonheur et des rideaux gris

Et aussi à cette espérance têtue qui permet à quiconque la cultive

D’arriver au printemps…

 

Courage…

Il va le déchirer ce rideau gris

Et tisser une vie en couleur

 

En attendant

Réjouissez-vous d’une goutte d’eau sur une feuille

Et de la gloire du canal bordé de roux

 

Date d’aujourd’hui, car hier n’existe plus, et demain pas encore…

Cette lettre n’est qu’une collection d’instants qui nous conduisent à l’Éternité…

Jean Comtesse