C'est avec beaucoup de bonheur et d'émotion que je partage avec vous les mots d'un ami cher, un poète disparu qui savait entrelacer les mots et les images avec  intelligence et délicatesse... Son chien Flip l'accompagnait dans ses promenades, et inspirait aussi sa plume...

Ce matin, Flip et moi, avons été visiter notre forêt

Et tandis que l’un gambadait sous les fourrés

L’autre, lequel ? devinez…

Pixabay feuille pluieLaissait gambader ses idées

Voici ses « gambaderies »

 

Ce matin, la forêt pleure

Elle a perdu son soleil…

Elle pleure de toutes ses feuilles 

La mousse, lasse d’éponger tant de larmes

Les laisse s’écouler sur les sentiers en une infinité de ruisselets

 

La terre se souvient du chaud soleil, et savez-vous ce qu’elle fait ?

Unissant en son cœur, sa chaleur au chagrin des grandes futaies

Elle fait naître aux bords des chemins

Dans les prairies, et sous les buis

Des parapluies !

 

Parapluies dérisoires qui ne durent que deux soirs

Interrogés par Flip, voici ce qu’ils ont dit

« Je suis un cèpe, je suis bien né »

Ayant regardé, j’ai vu que son pied était tout enflé…

Un autre lui a dit

« Je suis un lactaire, lactaire délicieux

Et si ma corolle est colorée, c’est que cette nuit

On y a fait brûler la flamme olympique »

 

Sur un talus, plus loin

Nous avons vu tout un pensionnat de Demoiselles

Raides comme des chandelles hautaines 

Elles tardaient à déployer leurs larges chapeaux de soleil

Un bracelet à leur pied voulait dire

« Voyez, je suis la plus belle, je suis Coulemelle ».

D’autres, pâles, jaunes et frileux

Peut-être même vénéneux, se serraient en bouquets

Poltrons, ils n’osaient avouer leur nom

Mais Flip m’a dit 

« Ce sont des… champignons… »

  Jean Comtesse