C'est avec beaucoup de bonheur et d'émotion que je partage avec vous les mots d'un ami cher, un poète disparu qui savait entrelacer les mots et les images avec  intelligence et délicatesse... Son chien Flip l'accompagnait dans ses promenades, et inspirait aussi sa plume...

Pensée du jour : Boite à lettre vide, comme ventre vide, laisse tête vide

Hier et avant-hier, il a fait si beau, si chaud

Pixabay-gouttesQue le vent du Sud-Ouest que vous nous avez envoyé

Après avoir beaucoup galopé

Est arrivé chez nous suant à grosses gouttes...

 

S'il vous plait

Dites-lui de moins se presser

Et recommandez-lui de ne pas oublier en courant

Ce qu'il est sensé nous  laisser en passant

 

Avec Flip nous l'avons interrogé

Il avait tout semé sur la route

Sauf peut-être un peu de nostalgie

Je suis sûr : vous lui avez appris quelque mélodie

 

Son chant dans les sapins

Était en mineur, en la mineur

Si j'en crois mon Caruso de Flip

 

Peut-être a t-il été honteux de transporter votre éclat de rire

Et s'est-il chargé des tristesses de ceux qu'il a survolés...

Alors peut-être n'est-ce pas la sueur qui tombait de lui  mais des pleurs ?

Flip va y réfléchir... Laissons-lui le temps

Que le soleil revienne

 

Vous voyez, je suis hanté par le ventPixabay paysage

C'est lui qui prendra sur lui vos ailes

Et un jour vous amènera jusqu'à nous

 

Le vent du sud-ouest ne m'avait pas trompé...

C'était votre "blues" qu'il portait

Les grands sapins avec lui le répétaient

Et moi j'ai cru qu'il avait semé dans quelque vallée

Un message plus gai

 

Ce qu'il a dispersé c'était

Après les avoir lus

Les fragments de lettre

Qu'il vous a déplu d'expédier

Le vent, cet indiscret...

 

Demain j'écouterai s'il vient de chez vous

Et je saurai -ou Flip saura-

Si le "blues" s'est vraiment dispersé

Comme de la fumée

 

Je vais dormir...

Bonne nuit !

Jean Comtesse