Triste pluie qui me regardes de tes yeux humides

Les toits luisent et reflètent le ciel grisâtrePixabay pluie

Les oiseaux piaillent, désappointés.

Tu as effacé ce ciel si bleu

 

 

 

 

Les humains qui s’offraient au soleil sur les pelouses du grand parc

Se sont réfugiés dans les cafés, ou bien chez eux

Quelques silhouettes, les épaules rentrées, blotties sous leurs parapluies

Marchent à pas pressés

 

Demain peut-être, le vent te chassera vers d’autres contrées

Et le soleil luira de nouveau

L’air sera sain, car la poussière des murs, des maisons, des autos

se sera déposée dans les caniveaux

 

Je pourrai alors sortir, légèrement vêtue

et apprécier la douce chaleur du bel astre rayonnant

Soleil je t’aime !

 

Je t’ai aimé lorsque, me promenant sur les collines de l’été grec

Tu m’as fait ressentir la densité de notre planète

Le vent soufflait

Dispersant la chaleur qui aurait été suffocante

La mer s’étalait au pied des collines

 

Par ton rayonnement, tu offres la limpidité

Je sens alors que j’existe, là, à ce point précis de la planète terre

Et que cette planète fait partie d’un tout qu’est l’univers

C’est ainsi que je peux sentir ce qu’est l’espace et ce que nous sommes

Nous les humains qui vivons sur cette planète que nous modelons

Que nous transformons pour recréer notre monde

 

La société que nous fabriquons ne peut me faire goûter

De la paix intérieure, de la douce joie qui m’envahissent lorsque je suis seule

Sur une colline ou sur un mont

Et que seuls les bruits du vent, de la mer, des animaux, de l’air

De la neige qui craque, du fruit qui tombe, me sont offerts

 

Je t’aime aussi soleil lorsque tu disparais

Et que la lune parvient alors à nous signifier ton existence

 

Lune à laquelle je souriais

Marchant lentement la tête levée

Dans ce paysage enneigé de janvier

J’étais bien, heureuse d’être là avec la lune qui me regardait

 

Et lorsque les nuages te cachent à notre vue

Je t’aime encore soleil

Car la pluie, cette triste pluie

Modifie l’aspect et l’odeur des choses et des êtres

Londres 23 mai 1980